Peut-on prêter serment en posant la main sur le Coran, et ce serment est-il valable ?

Le simple fait de dire “wallah” fait-il que l’on ait prêté serment ?

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4 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère,

Dans le sens islamique, le serment se fait généralement au nom d’Allah. Cela se réalise par des expressions comme « Wallahi, Billahi ». Mais, en même temps, les serments prêtés sur des choses sacrées, au premier rang desquelles le Noble Coran et la Kaaba, entrent également dans la notion de serment, et les serments prêtés sur ces choses-là sont valables.

Les serments se façonnent très souvent selon les usages et les coutumes, et on jure en conséquence. En particulier dans notre pays, il existe de nombreuses formes de serment qui varient d’une région à l’autre. Les serments prêtés sur le Noble Coran comptent aussi parmi les serments devenus une habitude. Par exemple, jurer en disant : « Je jure sur le Coran, pour le droit du Coran, que je ferai absolument telle chose ou que je ne la ferai pas. »

D’ailleurs, dans le langage populaire, ce type de serment est considéré comme plus solennel que les autres serments, et comme un serment dont la responsabilité est plus lourde. Des parties qui n’arrivent pas à s’entendre ou à parvenir à un accord sur une question s’invitent mutuellement à poser la main sur le Coran. Et de toute façon, à moins qu’il ne s’agisse d’une affaire très grave et que la personne ne soit pleinement sûre d’être dans son droit, on n’ose même pas entreprendre un tel serment.

Quant à l’aspect juridique (fiqhique) de la question, il est permis de prêter serment par le Coran et ce serment est pris en compte. Car prêter serment par le Coran, qui est la parole éternelle d’Allah, revient à prêter serment par Sa majesté et Sa grandeur.

Ibn Qudâma dit ceci dans son ouvrage intitulé al-Mughnî :

 « Prêter serment par le Coran, par un de ses versets et par la Parole d’Allah constitue un serment. Ibn Mas‘ûd, Qatâde, l’imam Mâlik, al-Shâfi‘î et l’ensemble des gens de science ont tenu le même propos. » (al-Mughnî, IX/407, question n° 7981)

Comme nous avons essayé de l’exprimer plus haut, lorsqu’on parle de serment sur le Coran, les gens le comprennent comme le serment prêté en posant la main sur le “Mushaf”. Or, cela revient à prêter serment d’une certaine manière sur l’attribut de Parole d’Allah, et cela est bien un serment.

L’imam Badr al-Dîn al-‘Aynî, qui a commenté le Sahîh al-Bukhârî dans une œuvre en trente-deux volumes, dit ceci :

« Selon moi, si une personne jure par le Mushaf, ou pose sa main dessus, ou dit : “Pour le droit (le respect) de ceci…”, cela est compté comme un serment. Surtout en cette époque où les serments mensongers se sont multipliés et où les gens ont une très grande tendance à jurer par le Mushaf… »

À cette occasion, mentionnons aussi qu’l’imam ‘Aynî a rejoint la miséricorde du Tout-Miséricordieux en l’an 1440.

Parmi les savants des dernières époques, le grand érudit Kammâl dit à ce sujet :

« Sans aucun doute, prêter serment par le Noble Coran est aujourd’hui devenu une habitude. Dès lors, prêter serment par lui est considéré comme un serment. Car les serments sont liés à l’usage et à la coutume. »

Toutes ces explications montrent clairement que le serment prêté en posant la main sur le Coran fait partie de la catégorie des serments qui engagent (sont obligatoires à respecter) et dont la violation nécessite une expiation (kafâra).

Avec salutations et prières...

L'Oasis

4 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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