Pourquoi était-il interdit à Adam et à Ève de cueillir le fruit défendu ?

De quel fruit s’agissait-il ? Quelle est la sagesse / la raison de cet interdit qui ne semble pas rationnel ?

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Manuel 3 vues
1 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère / chère sœur,

  • Soulignons d’abord ce point : dire que « cet interdit n’est pas rationnel » n’est pas une formulation correcte. Car :

a) Pour un être créé afin d’être soumis à l’épreuve, la première question doit logiquement être celle des interdits. En effet, pour que la volonté humaine – qui doit servir de frein face aux désirs laids et illicites qui se présenteront à elle toute la vie – soit aiguisée, il faut qu’elle ait à résister à un interdit.

b) La sagesse divine, pour éprouver la volonté de Adam et Ève, a attiré leur attention sur ce fruit interdit en posant un interdit, et les a amenés à se concentrer sur lui. Le résultat en a été qu’ils ont été envoyés sur la terre, qui est le lieu d’épreuve des humains.

c) La sagesse divine a voulu que, pour que les humains deviennent lieutenants (califes) sur terre, les capacités et aptitudes humaines encore à l’état de germes en eux se manifestent à travers l’épisode du fruit interdit. Mais la justice divine a également voulu que l’obtention du « visa » nécessaire pour quitter un lieu comme le Paradis et s’installer dans le monde de la difficulté (la terre) se fasse par leur propre libre arbitre, et que ce soit eux qui en soient la cause.

  • Cet interdit peut être considéré comme une indication du fait que le Paradis n’est pas un lieu de procréation, tandis que ce fruit défendu contenait des secrets liés à l’éveil des sentiments humains – à commencer par les pulsions sexuelles – et à leur manifestation. Cela montre aussi la nécessité pour l’humanité de s’installer sur la terre, qui est un terrain approprié à la continuité de la famille humaine.

Avant cela, Adam et Ève étaient, pour ainsi dire, dans une pureté telle qu’ils ne ressentaient en eux aucun mauvais penchant, comme les anges. Après avoir mangé du fruit de cet arbre, un état de sensibilité affective nécessaire à la continuation de la lignée humaine est apparu, et ils ont commencé à se regarder l’un l’autre d’une manière différente. Ce regard nouveau a fait naître avec lui le sentiment de pudeur (hayâ) comme un voile spirituel.

De même, chaque être humain, lorsqu’il est enfant, est dans une nature pure (fitra) et ne remarque pas vraiment l’état du sexe opposé. En grandissant, il commence peu à peu à prendre conscience à la fois de sa propre personnalité et de l’attrait du sexe opposé. Pour éviter que ce sentiment naturel ne dégénère dans l’excès et ne se mêle à des débordements illicites, un voile matériel (les vêtements) et un voile spirituel de piété et de pudeur (taqwâ / hayâ) ont été instaurés.

Ainsi, en expliquant l’épisode où ils ont mangé de l’arbre en question, le Coran dit, dans la sourate al-A‘râf, verset 26 :

 « Ô enfants d’Adam ! Nous avons fait descendre pour vous un vêtement pour couvrir vos parties intimes, ainsi que des parures. Mais le plus beau des vêtements est le vêtement de la piété. » (A‘râf, 7:26)
  • Concernant la nature du fruit interdit, le Coran ne parle que d’un « arbre ».

« Et Nous dîmes : “Ô Adam ! Habite le Paradis, toi et ton épouse, et mangez-y abondamment de ce que vous voudrez ; mais n’approchez pas de cet arbre, sinon vous serez du nombre des injustes.” » (Al-Baqara, 2/35)

Selon ce que rapporte Tabarî (Tefsîr at-Tabarî – Commentaire de Tabarî), ni dans les versets ni dans les recueils de hadiths authentiques il n’y a de détermination précise à ce sujet.

C’est pourquoi, dans les ouvrages de tafsîr, on trouve de nombreuses opinions différentes : certains disent que cet arbre était du blé, d’autres un palmier-dattier, une jonquille, de la vigne, un olivier, un figuier, etc. (voir Tabarî, commentaire du verset concerné)

Avec salutations et prières...

L'Oasis

1 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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