‘Abd al-Qâdir al-Jîlânî, a-t-il ressuscité un mort par la permission d’Allah ?
Cela a-t-il une place en Islam ?
Cher frère / chère sœur,
Nous savons très bien que, sans la permission d’Allah, sans que Sa science et Sa puissance n’entrent en jeu, pas même une feuille ne tombe au sol. Après avoir cru à cela, il est tout à fait possible, et cela s’est effectivement produit, qu’Allah redonne une âme à un mort par l’intermédiaire de certains serviteurs. Dans les versets suivants, on trouve des expressions qui mettent l’accent sur cette réalité :
« Un jour, Ibrâhîm dit : “Seigneur ! Montre-moi comment Tu fais revivre les morts.” Allah dit : “Ne crois-tu pas ?” Il répondit : “Si, bien sûr que je crois, mais c’est afin que mon cœur soit pleinement rassuré.” Allah dit : “Prends donc quatre oiseaux, apprivoise-les, puis découpe-les et dépose-en une partie sur chaque montagne. Ensuite, appelle-les : ils accourront vers toi en toute hâte. Et sache bien qu’Allah est Puissant sur toute chose et qu’Il est Sage.” » (Baqara, 2/260)
« (Mûsâ) dit : “Allah vous ordonne qu’elle soit une vache qui n’ait pas été asservie à labourer la terre ni à arroser les champs, une bête saine, sans défaut, sans tache.”
Ils dirent alors : “Maintenant tu as apporté la vérité de façon claire.” Et ils la sacrifièrent, mais ils étaient bien près de ne pas le faire.
Rappelez-vous : vous aviez tué un homme et chacun cherchait à rejeter le meurtre sur l’autre. Pourtant Allah allait mettre au jour ce que vous cachiez.
C’est pourquoi Nous dîmes : “Frappez-le avec une partie de cette vache.”
Ainsi Allah fait revivre les morts et vous montre Ses signes afin que vous puissiez réfléchir. » (Baqara, 2/71-73)
Quand les anges parlèrent à Maryam au sujet de Jésus ('Isâ), ils mentionnèrent aussi ces qualités de lui : Allah le fera envoyer comme messager aux Enfants d’Israël. Et il leur dira : « Je suis venu à vous avec un signe de la part de votre Seigneur. Je façonne pour vous, de la glaise, quelque chose qui a la forme d’un oiseau ; puis j’y souffle, et, par la permission d’Allah, cela devient aussitôt un oiseau vivant. Et, par la permission d’Allah, je guéris l’aveugle de naissance et le lépreux, et je fais revivre les morts. Je vous informe aussi de ce que vous mangez et de ce que vous accumulez dans vos maisons. Il y a certes là un signe pour vous, si vous êtes croyants. » (Âl 'Imrân, 3/49)
Selon les savants de l’Islam, ce qui est miracle (mu'jiza) pour les prophètes peut également apparaître comme karamat (prodige) chez les saints (awliyâ’) ; cela est permis et possible.
Écoutons ce point concernant la karamat d’'Abd al-Qâdir al-Jilana d’après Bediüzzaman Said Nursî :
« Une fois, sous l’éducation spirituelle du vénéré Ghawth al-A‘zam, shaykh ‘Abd al-Qâdir al-Jilani (k.s.), il y avait une femme âgée, délicate et très attachée à son confort, qui n’avait qu’un seul enfant. Cette respectable vieille dame alla dans la cellule de son fils et vit que celui-ci mangeait un morceau de pain sec et noir. À cause de la faiblesse que lui causait cette ascèse, il avait éveillé la compassion de sa mère. Elle eut pitié de lui. Puis elle alla se plaindre auprès du vénéré Ghawth. Elle vit alors que le vénéré Ghawth mangeait un poulet rôti. Par nature, habituée au confort, elle dit : »
« Ô maître ! Mon fils est en train de mourir de faim, et toi tu manges du poulet ! »
Alors Ghawth dit au poulet : « Qum bi-idhnillâh ! » (Lève-toi, par la permission d’Allah !)
Les os de ce poulet rôti se sont alors rassemblés, ont repris la forme d’un poulet vivant et ont sauté hors du plat. Ce fait a été transmis, par de nombreuses personnes dignes de confiance, comme une karamat (prodige) d’un homme dont la renommée dans le monde entier est d’être gratifié de miracles extraordinaires, comme Ghawth.
Puis le vénéré Ghawth dit : « Quand ton fils sera arrivé à ce degré-là, alors lui aussi pourra manger du poulet. » (cf. Jilani, al-Ghunya li-Talibi Tariq al-Haqq, p. 502 ; an-Nabhani, Jami' Karamat al-Awliya', 2:203)
Voici le sens de cette parole de Hazret-i Gavs : Quand ton fils aura une âme qui domine son corps, un cœur qui domine son nafs, une raison qui domine son estomac, et qu’il désirera la saveur des choses uniquement pour pouvoir remercier (Allah), alors il pourra manger des mets délicieux. (cf. Les Éclairs, Dix-neuvième Eclaire)
Avec salutations et prières...
L'Oasis